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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 11:32

Réflexion d’un paroissien sur le Jeudi saint

 

Une Pâques intérieure !

Pour la première fois dans l’histoire, les chrétiens ont été amenés à vivre la pâque confinés dans leur maison. Ils ont ainsi rejoint leurs frères juifs qui, depuis la nuit des temps, fêtent la pâque juive en se remémorant leurs ancêtres, enfermés dans leur maison, protégés par le sang de l’agneau avec lequel ils ont scellé leur porte, tandis qu’à l’extérieur la dernière plaie achève d’anéantir l’Egypte. Egypte en hébreux se dit ‘Mitzraïm’, mot qui signifie ‘limite’, ‘enfermement’. Les pâques juive et chrétienne disent la même chose, mais si la pâque juive semble parler d'une libération extérieure (les fils d’Israël sont libérés du joug des égyptiens qui sont à extérieur), la pâque chrétienne montre que le véritable exode est intérieur. Pharaon est l’image de notre égo qui est assis sur le trône de notre cœur et qui nous tient captifs, et l’Egypte celle des systèmes politiques, économiques, idéologiques et hélas souvent religieux qui enferment la planète et l’asphyxient de plus en plus. Puissions-nous relire et mieux comprendre les récits tant de l’Ancien que du Nouveau Testament.

                                                                              Christophe Dehem

 

 

 

 

 

Méditation – Samedi de l'Octave de Pâques

 

L'évangile d'aujourd'hui (Mc 16,9-15) évoque une série d'apparitions du Ressuscité (elles ne viennent d'ailleurs pas toutes de l'évangile de Marc puisque, par exemple, le récit des disciples d'Emmaüs renvoie au texte de Luc ; 24,13-35). Le texte nous rapporte à plusieurs reprises la lenteur de la foi des disciples, leur incrédulité, leur endurcissement du cœur. Mais quel mystère pour notre foi : pourquoi certains croient et d'autres pas ? La parole du témoin n'est rien sans l'expérience personnelle du Christ Ressuscité. La rencontre n'advient pas par les raisonnements et les preuves, elle est impalpable. Elle se fait lorsque les yeux de la foi s'ouvrent sur une présence autre, transformante et resplendissante. "Il est grand le mystère de la foi".

 

Malgré leur lenteur, remarquons que le Christ se fait proche de ses disciples, il ne les laisse pas seuls et les invite à poursuivre la route avec lui. Le Seigneur Jésus est patient avec nous et nous accompagne chaque jour, si nous le voulons bien. Mais il nous envoie aussi en mission : "Allez !", yallah !

 

"Allez dans le monde entier. Proclamez l'Evangile à toute la création". L'accent principal de l'évangile porte aujourd'hui sur la mission universelle. Il ne s'agit plus seulement de porter la nouvelle à Pierre et aux autres disciples rassemblés à Jérusalem, mais de partir dans le monde entier et de proclamer la victoire de Jésus à toute la création. Cette Bonne Nouvelle doit être criée, haut et fort, à tous ! "Le Christ est ressuscité ! Il nous sauve de la mort ! Il nous précède sur nos routes d'aujourd'hui ! Il est à jamais vivant !". Malgré la lenteur de notre foi et l'incrédulité de notre cœur certains jours, le Seigneur nous confie l'annonce de son Evangile de salut à toute l'humanité. Jésus nous confie la flamme qui peut allumer dans le monde l'incendie de la charité. La mission est belle, urgente et décisive : soyons-en les humbles témoins !

 

Aussi, ce témoignage au monde s'enracine dans un "être-avec-Jésus" (cf. Mc 3,14) qui, en retour, ouvre aux autres pour transformer les relations qui font l'histoire. Suivre le Christ, ce n'est donc pas se rassasier de sa présence, uniquement pour moi et moi seul ; c'est l'offrir en partage à d'autres ; c'est le faire connaître ; c'est en rayonner pleinement autour de nous, chacun selon sa vocation propre.

 

C'est dans une authentique "suivance" (si le mot existait) du Christ que tout peut s'éclairer d'un jour nouveau… A l'exemple des disciples, le Seigneur Jésus nous demande à nous aussi de faire courageusement le choix d'une vie semblable à la sienne. Nous sommes ainsi invités à relire l'Evangile pour notre propre compte, en accompagnant le Seigneur, pas à pas, sur nos routes d'aujourd'hui ! Tout doit être lu dans cette perspective, avec la conviction que Jésus parle aujourd'hui encore à ses amis, qu'il les appelle comme il les appelait autrefois sur les bords du lac ou sur la montagne. Aujourd'hui encore, le Seigneur vit, appelle, annonce, exige, invite, aime, transfigure, ressuscite. Il vit dans tous ceux qui sont unis pour faire corps avec lui, autour de lui. Il vit dans l'Eglise et par ses sacrements. Le Ressuscité nous rencontre et nous appelle là où nous sommes, là où nous en sommes. C'est là et à partir de là qu'il nous invite à croire, à le suivre et à témoigner… Il nous offre de marcher derrière lui, de faire avec lui un bout de chemin, en toute confiance.

 

Soyons sereins et confiants : le Seigneur Jésus ne nous laisse pas seul, il nous accompagne, comme il a accompagné ses premiers disciples. Il relève avec nous le défi de l'annonce du Royaume à toutes les nations. Il est partie prenante de tous nos défis pour l'évangélisation de notre monde. Notre cause est la sienne ; sa mission est la nôtre. Avec lui, qu'y a-t-il alors d'impossible puisqu'il est avec nous "tous les jours et jusqu'à la fin des temps" (Mt 28,20) ?

 

 

Marc (16, 9-15)

 

Parole et Evangile en lecture audio

 

« Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile »

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 11:07

Le 17 avril 2020, Vendredi dans l'Octave de Pâques(Jean 21, 1-14)

Pierre et ses amis prennent la décision d'aller à la pêche, une pêche qui s'est avérée infructueuse. C'est dans cette situation d'échec que Jésus rejoint ses disciples. Il leur fait recommencer leur pêche ; et là, le résultat dépasse toutes leurs espérances.

Pierre sera confirmé dans sa mission de pêcheurs d'hommes. Mais il devra comprendre que le principal travail c'est Jésus qui le fait. Et c'est toujours vrai pour nous aujourd'hui : il est à l'œuvre ; nous, nous ne sommes que des instruments entre ses mains.

Pierre était un homme très fougueux. Il devra accepter qu'un autre que lui-même dirige sa vie. C'est Jésus qui a l'initiative. Il ne demande qu'une chose à Pierre, c'est de l'aimer plus que tous les autres disciples et être prêt à souffrir pour le suivre.

Lui-même, qui avait renié son Maître trois fois de suite, se trouvait dans une situation très inconfortable. Mais Jésus va lui offrir d'en sortir ; Pierre va pouvoir lui dire trois fois de suite son amour ; Jésus fera de lui le berger de son troupeau.

La miséricorde du Christ n'a pas changé. Elle nous est offerte à tous. Quand tout va mal, il est là sur le rivage. Bien souvent, nous ne le reconnaissons pas. Pour le reconnaître, il faut avoir fait le passage de la foi pascale, comme Pierre.

Si nous sommes trop encombrés par nos soucis et par tout ce qui nous retient loin de lui, nous serons incapables de le reconnaître. Mais la miséricorde du Christ ne connaît pas de limites. Il est toujours là où nous en sommes pour raviver notre espérance.

Jésus ressuscité a demandé aux apôtres de repartir pêcher, avec l’ordre de jeter le filet à droite de la barque. C’est là qu’ils ont trouvé une grande quantité de poissons. Lorsque la vie nous paraît terne, décevante, insatisfaisante, Jésus nous demande de revisiter ces situations.

Il nous fait jeter un nouveau regard sur notre quotidien,(ce confinement prolonge’) le regard de la foi. C’est à l’aide de ce regard que nous pouvons reconnaître les signes de la présence active de Ressuscité.

Comme Pierre nous somme invités à plonger et à lui faire confiance sur parole. Avec lui, nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de cette foi qui nous anime. C'est à tous les hommes du monde entier que le Christ ressuscité veut manifester sa miséricorde.

Lui-même nous a dit qu'il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. S'il a donné sa vie sur la croix, c'est pour nous et pour la multitude.

Jean (21, 1-14)

 

Parole & Evangile en lecture Audio

 

« Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson »

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

 

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 10:18

Jeudi 16 avril: jeudi de la semaine de Pâques

 

C'est Pâques! Pour la prière de l'Eglise, nous vivons un dimanche qui dure huit jours, l'octave de Pâques.

Dans l'homélie de la messe de ce matin au Vatican, le pape François a mis l'accent sur la joie, don de l'Esprit. L'Esprit remplit de joie et cette joie pousse à témoigner de cet amour inconditionnel de Dieu manifesté en Jésus, le bon berger.

 

Je vous propose de prier le psaume 22. Dès les débuts de l'Eglise ce psaume a nourri intensément la prière des chrétiens car il évoque les trois grands sacrements qui fondent une vie de disciple: 

- le baptême qui nous greffe sur le Christ: "il me désaltère"

- la confirmation: "tu me bénis d'une onction de bonheur"

- l'eucharistie: "tu as préparé un banquet de noces"

 

Voici ce psaume réécrit pas Stan Rougier   ( "Montre-moi ton visage", DDB, 1995 )

 

Le Seigneur est mon berger. Je ne manque de rien.

 

Il me conduit jusqu'aux verts pâturages, il me mène vers les sources.

 

Là, il me désaltère. Il rajeunit mon âme.

Il me guide sur les sentiers de justice, pour l'honneur de son Nom.

 

Si je traverse le ravin de la mort, je ne crains rien.

Près de moi, ton bâton de pasteur est là qui me rassure.

 

Devant moi, au nez de mes détracteurs, tu as préparé un banquet de noces.

Tu me bénis d'une onction de bonheur, et ma joie déborde.

 

Oui, la tendresse de Dieu et sa fidélité m'accompagnent chaque jour de ma vie.

Sa maison est ma maison pour la durée de mes jours. 

 

Luc (24, 35-48)

Parole et Evangile en lecture Audio

 

 

« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour »

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 10:06

Le 15 avril 2020  Mercredi de Pâques (Luc 24, 13-35)

Les disciples d'Emmaüs

Cet Évangile des disciples d'Emmaüs nous croyons bien le connaître car nous l'avons entendu souvent. Mais il nous faut sans cesse le relire avec un regard neuf car il reste inépuisable. Ces deux disciples complètement désemparés qui retournent dans leur village c'est chacun de nous. Nous aussi, nous sommes parfois marqués par la tristesse.  

Notre vie de tous les jours est souvent une défaite : c'est la défaite de l'Évangile pour les persécutés, les pauvres, les victimes de la violence, du covi19, des guerres, de la solitude et d'abandon. Cette défaite c'est aussi quand nous disons qu'au point où nous en sommes, il n'y a plus d'espoir possible.

Mais voilà que sur le chemin des disciples, Jésus lui-même s'approche et les rejoint. Il leur pose des questions et il les écoute parler de leur déception et de leur tristesse. Puis il intervient pour leur expliquer les Écritures, Moïse et les prophètes.

C'est aussi important pour nous : accueillir le Christ et son Évangile, nous laisser éclairer par lui, tout cela ne peut que changer notre vie. Mais il y a une autre étape absolument essentielle : c'est la demande des disciples : "Reste avec nous". Une telle rencontre ne peut pas s'arrêter ainsi, car avec Toi le désespoir cède la place à l'espérance.

Jésus entre donc pour rester avec eux. L'Évangile nous parle d'un repas, d'un pain rompu et distribué. Alors leur yeux s’ouvrent et ils le reconnaissent. Comme pour les disciples, notre foi au Christ ressuscité a besoin d'être réchauffée par la Parole de Dieu et le Pain Eucharistique.

Le Christ ressuscité nous rejoint au cœur de nos vies et se donne à nous pour nous ouvrir un chemin d'espérance. Seigneur, en ces lendemains de Pâques, nous avons du mal à te reconnaître sur nos routes humaines en cette periode de confinement du au covid 19. Reste avec nous. Fais-nous voir la clarté de ton visage afin que nous devenions de vrais témoins de ton amour.

 

 

 

Luc (24, 13-35)

Parole et Evangile Lecture Audio

 

 

Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

 

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 10:28

Méditation – Mardi de l'Octave de Pâques

 

Profitant de ce temps de confinement pour pratiquer un peu de sport, j'arpente quotidiennement les chemins namurois longeant la Sambre en marchant ou en courant, selon l'humeur. L'esprit voltige souvent dans les airs, la prière jalonne les (kilo)mètres parcourus et… le témoignage à rendre à la Résurrection m'interpelle… N'est-elle pas en effet le cœur de notre foi ? Ne devrait-elle donc pas occuper tous nos projets pastoraux : comment témoigner toujours davantage de la Résurrection ? C'est alors l'image de la course (que je parcoure) qui me saute aux yeux. Le témoignage qu'ont rendu les premiers Apôtres ne pourrait-il pas être comparé à une "course-relais" ?

 

Après m'être quelque peu informé sur la question, je me rends compte que ce n'est pas une mince affaire… En réalité, il faut savoir que ce ne sont pas toujours les athlètes les plus rapides qui remportent les courses de relais. Comment l'expliquer ? Quel est l'instant décisif en relais ? C'est la transmission du témoin. Le "témoin" - appelé également "bâton de relais" - est cette pièce de bois, de PVC ou d'aluminium que le coureur précédent transmet à celui qui va poursuivre la course. Ainsi, les expressions telles que "passer le témoin" ou "passer le relais" veulent signifier cela : il s'agit de confier à quelqu'un d'autre la poursuite d'une action déjà commencée, il s'agit de témoi(n)-gner !

 

Et là s'éclaire pour moi ce qu'a été le témoignage des premiers Apôtres. Il s'agissait de passer le témoin de la Bonne Nouvelle qui les habitait au plus profond d'eux : le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, est ressuscité ; Il est vivant pour toujours ; Il a détruit la mort ; Il nous appelle à la Vie, "par Lui, avec Lui et en Lui". Aujourd'hui, l'évangile nous présente la figure de Marie-Madeleine, enfermée dans sa douleur. Les prochains jours nous montreront d'autres personnes à qui le Ressuscité apparaîtra : les disciples d'Emmaüs sur le chemin de leur désillusion, les Onze apôtres réunis au Cénacle, d'autres disciples sur le bord de la mer de Tibériade.

 

Aujourd'hui, Marie-Madeleine "a vu le Seigneur". Quel devait être son étonnement, elle qui se tenait en pleurs au-dehors du tombeau ! Cependant, poussée de l'intérieur, elle se penche vers le tombeau et découvre qu'il n'est pas vide. A la place du corps, elle voit deux anges qui lui adressent la parole : "Femme, pourquoi pleures-tu ?". A travers cette demande perce déjà la Bonne Nouvelle : "Marie, tu n'as plus de raison de pleurer : cherche et tu trouveras ; mais ne cherche pas parmi les morts celui qui est vivant ! Il n'y a plus ici de cadavre. Regarde plus attentivement, ou plutôt : change ton regard ! Témoigne !".

 

Le témoignage des deux messagers est alors cristallisé par l'apparition du Seigneur Jésus lui-même qui lui pose exactement la même question que les deux anges : "Femme, pourquoi pleures-tu ?". Mais le Christ d'ajouter : "Qui cherches-tu ?". Marie-Madeleine ne reconnait pas encore le Ressuscité : elle le prend pour le jardinier, elle est absorbée par son chagrin, elle n'y voit plus clair.

 

"Marie !". En la nommant ainsi, Jésus l'appelle à la foi, à entrer dans un regard et une écoute de foi. Il lui passe définitivement le témoin de la foi, il l'invite et la presse au témoignage, il la pousse à aller de l'avant en ne se laissant pas submerger par l'émotion.

 

Après que Jésus l'ait appelée par son nom, Marie "se tourne" à nouveau nous dit l'évangéliste. Si l'on se souvient qu'elle s'était d'abord détournée du tombeau pour aborder le soi-disant gardien, ce second demi-tour la ramène donc face à la tombe ! Retour à la case départ ? Non, car ses yeux peuvent maintenant s'ouvrir à la présence du Vivant glorieux et recevoir de Lui le témoin, le bâton de relais.

 

Elle a reçu entre ses mains le témoin de la Bonne Nouvelle. Elle est invitée à en être le relais. A présent, elle s'empresse, en toute hâte, de l'offrir à d'autres. Le témoignage est devenu sien, elle veut et peut maintenant le partager, tel un cadeau précieux à déballer. A nous aussi, il nous est offert ce témoignage, et il nous est demandé de "passer le témoin" à notre tour, de toucher des personnes afin qu'elles puissent s'éveiller à l'Evangile, afin qu'elles puissent ressusciter avec le Christ qui se donne à nous à chaque instant. Non, le Seigneur Ressuscité n'est pas confiné, Lui ! Accueillons la nouveauté de sa présence qui vient habiter nos tombeaux d'aujourd'hui, et soyons-en les humbles témoins, "pour la gloire de Dieu et le salut du monde".

 

Belle et sainte fête de Pâques à chacun(e), dans la joie du Christ Ressuscité !

Q.C.

 

Jean (20, 11-18)

 

Parole et Evangile Lecture Audio

 

 

« “J’ai vu le Seigneur !”, et elle raconta ce qu’il lui avait dit »

En ce temps-là, Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

 

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 09:41

Le 13 avril 2020 Lundi - Octave de Pâques (Matthieu 28, 8-15)

Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Les femmes viennent de recevoir la première annonce de la Résurrection. « Tremblantes et toutes joyeuses, » elles courent porter la nouvelle aux disciples, comme l’Ange le leur a ordonné.

C’est sur ce chemin de l’humble obéissance et de la foi partagée que Jésus vient à leur rencontre et se fait reconnaître. Jésus confirme les paroles de l’Ange ainsi que leur mission. L’annonce de la Résurrection est un appel à rejoindre Jésus afin de le contempler là où il se donne à « voir. »

Dieu est « avec nous, pour toujours, jusqu’à la fin du monde. » Nous laissons la joie de Pâques nous envahir dans la résurrection de Jésus. Les femmes expriment notre attitude la plus profonde, celle de l’adoration. Avec Marie Madeleine et l’autre Marie nous voulons grandir dans la foi en la Résurrection. Nous plaçons notre confiance en la promesse de vie éternelle.

Ce récit de la Résurrection du Christ retrace deux attitudes face à cet événement : d’un côté, les femmes remplies de joie affirmant cette Résurrection et, à l’opposé, celles des gardiens du tombeau soudoyés par les chefs des prêtres, affirmant que le Christ n’était pas ressuscité mais que les apôtres avaient dérobé son corps après la mise au tombeau.

Après avoir rencontré le Christ, les femmes manifestent leur joie profonde : elles l’ont vu et il leur a parlé, tandis que les gardiens sont fermes sur leur attitude mensongère, faisant passer Jésus pour un imposteur.

Or voilà que Jésus lui-même les rejoint sur leur route. Il les charge de demander à ses disciples de se rendre en Galilée. Cette région est un carrefour des païens ; elle devient une terre de mission. C'est là que les disciples le rencontreront.

Voir et rencontrer le Christ est une étape importante pour eux. Nous, disciples du Christ, nous sommes envoyés comme apôtres pour être les messagers de cette bonne nouvelle dans le monde d'aujourd'hui.

Laissons sa Vie vivifier la nôtre et renouvelons la grâce de notre baptême. Devenons ses apôtres et ses disciples. Guidés par l'amour, annonçons partout notre bonheur de croire en Jésus-Christ. Soyons les témoins joyeux et pleins d'espérance de sa Résurrection.

 

Matthieu (28, 8-15)

 

Parole et Evangile Lecture audio

 

« Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront »

En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

 

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 11:09

Ce foutu virus secoue le monde entier.  « Souffrances » et « solidarités » nous plongent tous en pleine humanité, loin des artifices de toutes sortes.  C’est dans un cœur  de chair que les chrétiens accueillent la lumière de Pâques. Non pas la lumière qui éblouit, mais la lumière qui telle une veilleuse éclaire toutes les obscurités, balise le chemin de l’Amour,  ouvre de nouveaux horizons….toujours !

« Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! » C’est la salutation des chrétiens d’Orient !  Que cette victoire de l’Amour sur le Mal et la Mort apporte à beaucoup un surcroît de paix, de courage et de joie ! Belle journée de Pâques !     J.SOLOT

 

DIMANCHE DE PÂQUES

Actes des Apôtres 10, 34a. 37 -  43

Ps 117 (118), 1. 2, 16 – 17, 22 – 23

Lettre aux Colossiens 3, 1 – 4 ou la première lettre aux Corinthiens 5, 6b – 8

Jean 20, 1 – 9

Méditation

 

‘’Saisir la chance de la paix et d’une nouvelle vie’’

 

Après la plus liturgie de la veillée pascale au cours laquelle a retenti en plein milieu de la nuit le chant de la victoire – ALLELUIA – nous voilà entraînés dans la victoire de Christ : Il est ressuscité d’entre les morts ; la mort n’a pas le dernier mot. Et sa victoire sur la mort est surtout la victoire sur notre péché qui l’aura conduit à prendre à bras le corps notre destin. L’histoire a désormais un avant et un après. « Christ est ressuscité ! Alleluia, aux morts il a rendu la vie ». Par son sang versé, il scelle une nouvelle Alliance – bien plus qu’une amitié, il devient tellement l’un des nous que, par sa mort, il arrache le venin qui empoisonne nos vies,  et, par sa résurrection, il sème en nous le germe de l’immortalité. Nous devenons éternels.

De même qu’aucun cadeau n’a de valeur tant qu’il n’est pas reçu avec gratitude pour ce qu’il est, de même, la grâce de Jésus est là, donnée gracieusement, ne peut avoir d’effet en nous sans un OUI engagé de notre part. C’est par la foi qui sort de nos lèvres, l’espérance qui réjouit notre regard vers l’avenir, l’amour vécu qui cimente le lien de fraternité entre nous et la prière, lieu de notre offrande pour les uns pour autres que nous entrons dans la PÂQUES de Jésus. PÂQUES, PASSAGE d’un mode de vie à un autre. On dirait même aujourd’hui, opérer la transition écologique… Par sa PÂQUES, Jésus est passé de la vie terrestre, en chair et en os, à la vie en Dieu. Aussi la PÂQUES de Jésus qui rime-t-elle avec un changement de vie, un appel à la conversion pour des hommes et des femmes d’aujourd’hui, en vue d’une vie nouvelle dans le Seigneur. Certes, ce passage, comme chrétiens, nous le vivons, symboliquement dans le baptême. Il s’agit de le raviver en rejetant toute espèce de ‘’vieux ferments’’ qui pourrissent nos vies et celles des autres.

Le temps de confinement a curieusement coïncidé avec le temps de carême et prendra sans doute fin durant le temps de pâques. Cette expérience nous révèle notre fragilité. Et pour la première fois, l’humanité s’est sentie solidaire. À travers des initiatives louables et rénovantes, il est apparu qu’il est possible de vivre autrement, qu’un autre monde est possible ; celui qui donne priorité  à la fraternité, à la famille, au service des plus faibles, à l’hygiène, à la santé, à l’alimentation, bref au bien-être de tous. Que tant d’énergie capitalisée ne se perde pas. S’il est un vœu à formuler, c’est celui prononcé par le père Raniero Cantalamessa, à la prière du Vendredi saint dans la basilique saint Pierre. Face à la crainte de la récession après la crise du covid-19,  il donne un message d’espoir : Laissons à la génération qui viendra un monde plus pauvre en choses et en argent, au besoin, mais plus riche en humanité (…) Nous aussi, après ces jours (de confinement) que nous espérons courts, nous nous lèverons et sortirons des tombeaux que sont devenues nos maisons. Non pas pour revenir à l'ancienne vie comme Lazare, mais à une nouvelle vie, comme Jésus. Une vie plus fraternelle, plus humaine. Plus chrétienne!» 

Joyeuse fête de Pâques.

 

 

 

 

Jean (20, 1-9)

 

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« Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts »

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 10:47

Samedi saint : le grand silence

Entre la célébration de la passion du Seigneur et la nuit de Pâques, l’Eglise nous invite à contempler ce séjour du Seigneur dans la mort, cette « visitation » de la mort. Dans la symbole des apôtres, il est dit qu’il est descendu aux enfers.

Jésus est «descendu aux enfers»[1]

 

Il s'agit du séjour des morts chez les juifs dans cette expression.

Les enfers désignent, dans cette expression, le shéol, le séjour des morts tel que les juifs de l'époque le comprenaient : un lieu «en dessous de la terre», où les morts seraient comme en attente perpétuelle dans une non-vie, privés de la vision de Dieu.

Par sa crucifixion, Jésus «passe par la mort» avant que Dieu ne le ressuscite et donc «descend aux enfers», comme le dit le Credo. Sans doute ne faut-il pas chercher là un quelconque déroulement chronologique ou une définition géographique, mais la réalité du Fils de Dieu fait homme, qui s'exprime dans toutes les dimensions de l'existence humaine, jusqu'à éprouver la mort.

Dieu ne nous laisse jamais seul

Lorsque la foi chrétienne affirme ainsi que Jésus est «descendu aux enfers», c'est pour faire comprendre que Jésus peut rejoindre tout homme, quelles que soient sa souffrance, sa solitude, sa condition. Les enfers sont cette cruelle expérience que «plus rien ne peut nous atteindre». La vie et la mort de Jésus font que lui-même est passé par ce vide, cette absence totale de relation, jusqu'à ce

que Dieu le ressuscite. Ainsi le Christ, «premier-né d'entre les morts», nous rappelle que Dieu ne nous laisse jamais seul. Plus encore : puisqu'il s'est «relevé des morts», Jésus ouvre, par son passage, à chacun un chemin, et libère les hommes de l'enfermement de la mort. Enfin, par la «descente aux enfers» de Jésus, on considère traditionnellement que le Fils de Dieu entraîne à sa suite dans la résurrection toutes les générations mortelles, y compris les justes qui ont vécu avant sa venue sur terre. C'est ainsi que les icônes par exemple, le montrent fréquemment relevant l'ensemble des morts depuis Adam.
Ce qui n'épuise pas la question de l'existence de «l'enfer», au singulier.

[1] Repris du site « la croix »- « croire 

Matthieu (28, 1-10)

 

 

« Il est ressuscité et il vous précède en Galilée »

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts. L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

 

 

 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 11:26

Le 10 avril 2020 Vendredi Saint (Jean 18, 1 à 19, 42)

 

Vendredi Saint est le seul jour de l’année où l’Église ne célèbre pas la messe : ce Vendredi Saint est un jour tout particulier en ce temps de confinement durant lequel nous en avons été privés pendant presqu’un mois déjà.

Notre Sauveur est mort.  Il a versé son sang par amour pour ses frères les hommes, remis son esprit dans les mains du Père, est descendu aux enfers, le lieu où les morts attendent la résurrection, pour les conduire au ciel. Vivons dans la mesure du possible notre journée dans la contemplation de ces mystères, dans le recueillement intérieur et la sobriété.

Nous l'avons entendu dans la lecture de la Passion d'après le témoignage de saint Jean, présent sur le Calvaire avec Marie, la Mère du Seigneur, et les saintes femmes. C'est un récit riche en symboles, où chaque petit détail a un sens. Mais le silence et l'austérité de l'Église, aujourd'hui, nous aident aussi à vivre dans un climat d'oraison, bien attentifs au don que nous célébrons.

Devant ce grand mystère, nous sommes avant tout appelés à voir. La foi chrétienne ne consiste pas à révérer un Dieu lointain et abstrait que nous méconnaissons, mais dans l'adhésion à une Personne, vrai homme comme nous et aussi vrai Dieu. L'Invisible s'est fait chair de notre chair, il s'est fait homme jusqu'à la mort et à la mort sur une croix. Mais ce fut une mort acceptée pour le rachat de tous, une mort rédemptrice, une mort qui nous donne la vie. 

Comment ne pas contempler aujourd’hui, au-delà de la cruauté physique de la Passion, l’amour infini du Christ envers chacun d’entre nous, qui l’a poussé à souffrir le supplice de la croix pour notre salut ? Avec le regard de la foi, nous pouvons découvrir l’obéissance filiale du Christ qui va jusqu’à donner son sang, en holocauste, sacrifice complet de lui-même. C’est cette obéissance qui répare la désobéissance du premier homme, Adam. C’est cette obéissance qui rétablit et rend de nouveau possible la relation des hommes avec leur Créateur.

Les chrétiens vivent dans l’Esprit en enfants de Dieu, obéissant à leur Père dans l’amour. À l’exemple du Christ, ils sont disposés à se donner entièrement pour que l’amour infini du Père soit connu de tous leurs frères.

Comment ne pas penser aujourd’hui à tous ceux qui sont morts ces derniers temps, peut-être des proches, et que nous n’avons pu accompagner de notre présence et du réconfort des sacrements au moment de leur grand passage ? Demandons à Jésus crucifié de combler ces manques, de se rendre présent au chevet de chacun d’entre eux pour les fortifier par la grâce et les consoler. 

 

Jean (18, 1 – 19, 42)

 

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La Passion de notre Seigneur Jésus Christ

L. En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » L. Ils lui répondirent : F. « Jésus le Nazaréen. » L. Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » L. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » L. Ils dirent : F. « Jésus le Nazaréen. » L. Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » L. Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. » Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? » L. Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent. Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre. Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. Cette jeune servante dit alors à Pierre : A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? » L. Il répondit : D. « Non, je ne le suis pas ! » L. Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer. Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit :
« Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette. Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. » L. À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : A. « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! » L. Jésus lui répliqua :  « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » L. Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? » L. Pierre le nia et dit : D. « Non, je ne le suis pas ! » L. Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista : A. « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? » L. Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.
Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal. Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : A. « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » L. Ils lui répondirent : F. « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. » L. Pilate leur dit : A. « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » L. Les Juifs lui dirent : F. « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. » L. Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : A. « Es-tu le roi des Juifs ? » L. Jésus lui demanda :
« Dis-tu cela de toi-même, Ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » L. Pilate répondit : A. « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » L. Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » L. Pilate lui dit : A. « Alors, tu es roi ? » L. Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » L. Pilate lui dit : A. « Qu’est-ce que la vérité ? » L. Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : A. « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? » L. Alors ils répliquèrent en criant : F. « Pas lui ! Mais Barabbas ! » L. Or ce Barabbas était un bandit.
Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre. Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : F. « Salut à toi, roi des Juifs ! » L. Et ils le giflaient.
Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : A. « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » L. Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : A. « Voici l’homme. » L. Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » L. Pilate leur dit : A. « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » L. Ils lui répondirent : F. « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » L. Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : A. « D’où es-tu ? » L. Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors : A. « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? » L. Jésus répondit :
« Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. » L. Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : F. « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. » L. En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : A. « Voici votre roi. » L. Alors ils crièrent : F. « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » L. Pilate leur dit : A. « Vais-je crucifier votre roi ? » L. Les grands prêtres répondirent : F. « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. » L. Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.
Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : F. « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” » L. Pilate répondit : A. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
L. Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : A. « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. » L. Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » L. Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » L. Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
(Ici on fléchit le genou, et on s’arrête un instant.)
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

 

 

 

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 10:00

Méditation – Jeudi Saint 2020 – Rochefort

 

"Jésus sachant que le Père avait tout remis entre ses mains…" Lors de son dernier repas avec ses disciples juste avant sa Passion, le Seigneur Jésus a toutes les cartes en main, tous les atouts ; alors, que va-t-il jouer ? Est-ce qu'il va sortir l'As ? Va-t-il jouer le Roi ? Non, il joue le Valet et il prend un linge. Il s'en ceint pour laver les pieds de ses disciples. Le mystère de ce jour est celui d'un Dieu qui s'abaisse… Quel mystère, chers amis, un mystère qui n'aura pas fini de nous étonner !

 

L'évangile d'aujourd'hui nous présente donc les disciples réunis autour du Christ. En réalité, c'est son désir permanent. A chaque instant, il souhaite demeurer avec les siens, leur offrir tout son amour, sa paix, sa joie et sa miséricorde. Et c'est au nom de cet amour que Jésus va accomplir un geste tellement important. Il s'agenouille devant ses disciples pour leur laver les pieds. Ce geste - ô combien diaconal - était fréquent chez les Juifs car il y avait beaucoup de poussière sur les chemins. En temps ordinaire, un serviteur se mettait à la disposition du visiteur pour accomplir cette tâche. Ce qui est nouveau dans cet évangile, c'est que Jésus lui-même se fait serviteur. Nous comprenons alors l'étonnement de Pierre et son refus. Impossible, pense l'Apôtre, que le Saint de Dieu s'abaisse jusqu'à prendre la place du dernier des serviteurs ! Ne devrait-il pas plutôt jouer la carte du Roi et user de sa force d'As de Dieu ? Pourquoi donc le Valet ? Pour être en communion d'amour avec le Christ, nous devons accueillir le témoignage qu'il nous laisse. Et, plus fondamentalement, nous sommes invités, comme tout disciple, à poser ce geste à notre tour.

 

La leçon est donc évidente ; elle est d'ailleurs explicitée sous la forme d'un précepte (et même d'une institution) : "si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres". Le geste symbolique du lavement des pieds est signe de la charité fraternelle qui doit régner entre les disciples. Plus profondément, ce geste nous dit non seulement ce que Jésus fait pour nous, mais encore ce que Dieu est pour nous, à savoir un Dieu-Serviteur. Il nous révèle également que le sens de notre vie ne s'éclairera que dans la mesure où nous la mettons concrètement à la disposition des autres, à leur service, à l'exemple du Seigneur. La dimension fraternelle, sociale, de l'appartenance au Christ apparaît ici dans toute son exigence, mais toujours fondée sur la relation d'intimité avec le Maître. C'est en lui, et en lui seul, que nous pouvons puiser la force d'offrir nos vies au service de nos frères et sœurs, dans la liberté de l'amour.

 

Dans notre monde, l'homme court beaucoup après les honneurs, le prestige, le pouvoir. On se débarrasse parfois même de ceux qui font obstacle ou qui gênent. L'évangile du Jeudi Saint nous invite à prendre le contre-pied de cette orientation. C'est un commandement de Dieu lui-même. Se laver les pieds les uns les autres, c'est être au service des plus faibles, des malades, des personnes sans défense. C'est une nouvelle façon de vivre et d'aimer. C'est tout un programme, tout un beau programme !

 

Ainsi, nous le voyons, le Christ lui-même, en enseignant ses apôtres, leur parle de cette longue histoire où Dieu n'a qu'une seule envie, c'est d'aimer l'homme et de le servir. Il nous invite à notre tour à prendre la tenue de service, à nouer le tablier, à nous agenouiller devant nos frères et sœurs pour les aider à grandir, à se relever, à ressusciter.

 

Demandons donc au Seigneur Jésus de nous placer dans cet esprit d'amour et de service afin de transformer le monde autour de nous. A l'image du Christ, puissions-nous, chacun selon sa vocation propre, dire à nos contemporains : "Je suis au milieu de vous comme celui qui sert" (Lc 22,27).

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