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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 11:26

Le 10 avril 2020 Vendredi Saint (Jean 18, 1 à 19, 42)

 

Vendredi Saint est le seul jour de l’année où l’Église ne célèbre pas la messe : ce Vendredi Saint est un jour tout particulier en ce temps de confinement durant lequel nous en avons été privés pendant presqu’un mois déjà.

Notre Sauveur est mort.  Il a versé son sang par amour pour ses frères les hommes, remis son esprit dans les mains du Père, est descendu aux enfers, le lieu où les morts attendent la résurrection, pour les conduire au ciel. Vivons dans la mesure du possible notre journée dans la contemplation de ces mystères, dans le recueillement intérieur et la sobriété.

Nous l'avons entendu dans la lecture de la Passion d'après le témoignage de saint Jean, présent sur le Calvaire avec Marie, la Mère du Seigneur, et les saintes femmes. C'est un récit riche en symboles, où chaque petit détail a un sens. Mais le silence et l'austérité de l'Église, aujourd'hui, nous aident aussi à vivre dans un climat d'oraison, bien attentifs au don que nous célébrons.

Devant ce grand mystère, nous sommes avant tout appelés à voir. La foi chrétienne ne consiste pas à révérer un Dieu lointain et abstrait que nous méconnaissons, mais dans l'adhésion à une Personne, vrai homme comme nous et aussi vrai Dieu. L'Invisible s'est fait chair de notre chair, il s'est fait homme jusqu'à la mort et à la mort sur une croix. Mais ce fut une mort acceptée pour le rachat de tous, une mort rédemptrice, une mort qui nous donne la vie. 

Comment ne pas contempler aujourd’hui, au-delà de la cruauté physique de la Passion, l’amour infini du Christ envers chacun d’entre nous, qui l’a poussé à souffrir le supplice de la croix pour notre salut ? Avec le regard de la foi, nous pouvons découvrir l’obéissance filiale du Christ qui va jusqu’à donner son sang, en holocauste, sacrifice complet de lui-même. C’est cette obéissance qui répare la désobéissance du premier homme, Adam. C’est cette obéissance qui rétablit et rend de nouveau possible la relation des hommes avec leur Créateur.

Les chrétiens vivent dans l’Esprit en enfants de Dieu, obéissant à leur Père dans l’amour. À l’exemple du Christ, ils sont disposés à se donner entièrement pour que l’amour infini du Père soit connu de tous leurs frères.

Comment ne pas penser aujourd’hui à tous ceux qui sont morts ces derniers temps, peut-être des proches, et que nous n’avons pu accompagner de notre présence et du réconfort des sacrements au moment de leur grand passage ? Demandons à Jésus crucifié de combler ces manques, de se rendre présent au chevet de chacun d’entre eux pour les fortifier par la grâce et les consoler. 

 

Jean (18, 1 – 19, 42)

 

Parole & Evangile - Lecture Audio - Cliquez Ici

 

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ

L. En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » L. Ils lui répondirent : F. « Jésus le Nazaréen. » L. Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » L. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » L. Ils dirent : F. « Jésus le Nazaréen. » L. Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » L. Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. » Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? » L. Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent. Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre. Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. Cette jeune servante dit alors à Pierre : A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? » L. Il répondit : D. « Non, je ne le suis pas ! » L. Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer. Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit :
« Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette. Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. » L. À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : A. « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! » L. Jésus lui répliqua :  « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » L. Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? » L. Pierre le nia et dit : D. « Non, je ne le suis pas ! » L. Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista : A. « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? » L. Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.
Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal. Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : A. « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » L. Ils lui répondirent : F. « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. » L. Pilate leur dit : A. « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » L. Les Juifs lui dirent : F. « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. » L. Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : A. « Es-tu le roi des Juifs ? » L. Jésus lui demanda :
« Dis-tu cela de toi-même, Ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » L. Pilate répondit : A. « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » L. Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » L. Pilate lui dit : A. « Alors, tu es roi ? » L. Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » L. Pilate lui dit : A. « Qu’est-ce que la vérité ? » L. Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : A. « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? » L. Alors ils répliquèrent en criant : F. « Pas lui ! Mais Barabbas ! » L. Or ce Barabbas était un bandit.
Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre. Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : F. « Salut à toi, roi des Juifs ! » L. Et ils le giflaient.
Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : A. « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » L. Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : A. « Voici l’homme. » L. Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » L. Pilate leur dit : A. « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » L. Ils lui répondirent : F. « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » L. Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : A. « D’où es-tu ? » L. Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors : A. « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? » L. Jésus répondit :
« Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. » L. Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : F. « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. » L. En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : A. « Voici votre roi. » L. Alors ils crièrent : F. « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » L. Pilate leur dit : A. « Vais-je crucifier votre roi ? » L. Les grands prêtres répondirent : F. « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. » L. Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.
Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : F. « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” » L. Pilate répondit : A. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
L. Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : A. « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. » L. Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » L. Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » L. Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
(Ici on fléchit le genou, et on s’arrête un instant.)
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

 

 

 

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 10:00

Méditation – Jeudi Saint 2020 – Rochefort

 

"Jésus sachant que le Père avait tout remis entre ses mains…" Lors de son dernier repas avec ses disciples juste avant sa Passion, le Seigneur Jésus a toutes les cartes en main, tous les atouts ; alors, que va-t-il jouer ? Est-ce qu'il va sortir l'As ? Va-t-il jouer le Roi ? Non, il joue le Valet et il prend un linge. Il s'en ceint pour laver les pieds de ses disciples. Le mystère de ce jour est celui d'un Dieu qui s'abaisse… Quel mystère, chers amis, un mystère qui n'aura pas fini de nous étonner !

 

L'évangile d'aujourd'hui nous présente donc les disciples réunis autour du Christ. En réalité, c'est son désir permanent. A chaque instant, il souhaite demeurer avec les siens, leur offrir tout son amour, sa paix, sa joie et sa miséricorde. Et c'est au nom de cet amour que Jésus va accomplir un geste tellement important. Il s'agenouille devant ses disciples pour leur laver les pieds. Ce geste - ô combien diaconal - était fréquent chez les Juifs car il y avait beaucoup de poussière sur les chemins. En temps ordinaire, un serviteur se mettait à la disposition du visiteur pour accomplir cette tâche. Ce qui est nouveau dans cet évangile, c'est que Jésus lui-même se fait serviteur. Nous comprenons alors l'étonnement de Pierre et son refus. Impossible, pense l'Apôtre, que le Saint de Dieu s'abaisse jusqu'à prendre la place du dernier des serviteurs ! Ne devrait-il pas plutôt jouer la carte du Roi et user de sa force d'As de Dieu ? Pourquoi donc le Valet ? Pour être en communion d'amour avec le Christ, nous devons accueillir le témoignage qu'il nous laisse. Et, plus fondamentalement, nous sommes invités, comme tout disciple, à poser ce geste à notre tour.

 

La leçon est donc évidente ; elle est d'ailleurs explicitée sous la forme d'un précepte (et même d'une institution) : "si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres". Le geste symbolique du lavement des pieds est signe de la charité fraternelle qui doit régner entre les disciples. Plus profondément, ce geste nous dit non seulement ce que Jésus fait pour nous, mais encore ce que Dieu est pour nous, à savoir un Dieu-Serviteur. Il nous révèle également que le sens de notre vie ne s'éclairera que dans la mesure où nous la mettons concrètement à la disposition des autres, à leur service, à l'exemple du Seigneur. La dimension fraternelle, sociale, de l'appartenance au Christ apparaît ici dans toute son exigence, mais toujours fondée sur la relation d'intimité avec le Maître. C'est en lui, et en lui seul, que nous pouvons puiser la force d'offrir nos vies au service de nos frères et sœurs, dans la liberté de l'amour.

 

Dans notre monde, l'homme court beaucoup après les honneurs, le prestige, le pouvoir. On se débarrasse parfois même de ceux qui font obstacle ou qui gênent. L'évangile du Jeudi Saint nous invite à prendre le contre-pied de cette orientation. C'est un commandement de Dieu lui-même. Se laver les pieds les uns les autres, c'est être au service des plus faibles, des malades, des personnes sans défense. C'est une nouvelle façon de vivre et d'aimer. C'est tout un programme, tout un beau programme !

 

Ainsi, nous le voyons, le Christ lui-même, en enseignant ses apôtres, leur parle de cette longue histoire où Dieu n'a qu'une seule envie, c'est d'aimer l'homme et de le servir. Il nous invite à notre tour à prendre la tenue de service, à nouer le tablier, à nous agenouiller devant nos frères et sœurs pour les aider à grandir, à se relever, à ressusciter.

 

Demandons donc au Seigneur Jésus de nous placer dans cet esprit d'amour et de service afin de transformer le monde autour de nous. A l'image du Christ, puissions-nous, chacun selon sa vocation propre, dire à nos contemporains : "Je suis au milieu de vous comme celui qui sert" (Lc 22,27).

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 11:36

Le 08 avril 2020, Mercredi Saint (Matthieu 26, 14-25)

Judas se prépare à livrer Jésus pour 30 pièces d'argent, le prix du rachat d'un esclave. C'était l'un des Douze, un de ses plus proches. Jésus l'avait choisi et aimé au même titre que les autres.

Et maintenant c'est lui-même qui veut le vendre. En fait, le cœur de Judas s'est laissé séduire par les richesses. Jésus avait averti : "On ne peut servir Dieu et l'argent". Judas a fini par préférer l'argent. La racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. » (1 Tm 6, 10). Depuis toujours, derrière chaque mal de la société, la présence de l’argent se laisse découvrir plus ou moins ouvertement.

Nous sommes à peu de temps de la fête de la Pâque. Jésus envoie ses disciples pour la préparer. C'est là, au cours du repas qu'il annonce que l'un des siens va le livrer. En réalité, ce n'est pas Judas qui livrait Jésus aux chefs des prêtres ; c'est Jésus qui "se livrait" par amour pour les hommes. Il ne cherche à anéantir celui qui le trahit. Il veut la conversion du pécheur et non sa destruction.

L’atmosphère est lourde et triste pour Jésus comme pour les disciples. Jésus sait bien que la Passion sera réelle: il ne fera pas semblant de mourir! La trahison de l’un des douze et la faiblesse des autres disciples ne sont pas pour diminuer cette lourdeur.

Quant aux disciples, il faut remarquer qu’ils ne demandent pas qui va le trahir mais bien: “Est-ce moi?” Ils ne se sentent ni forts ni sûrs de leur propre fidélité. Ils commencent à voir s’crouler leurs rêves d’un Règne de Dieu triomphant où ils pensaient avoir les premières places. Et ils n’ont pas encore la lumière et la force que leur donnera l’Esprit pour comprendre que c’est Jésus qui se livrait par amour pour les hommes.

Cette question de l'amour continue à être posée à nous disciples du Christ et à tous les hommes aujourd’hui. Judas n'est pas lointain ni étranger à chacun de nous. Trahir une personne, la voler, lui raconter des mensonges, c’est aussi trahir le Christ lui-même, celui qui disait à ses fidèles : « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » (Mt 25, 45).

Mais si nous accueillons la croix du Christ, nous serons libérés de toute trahison, de l'indifférence et du péché. La fidélité reste  une chose qui n’est jamais possédée une fois pour toute: elle doit être continuellement vécue.

Seigneur, Satan est toujours là et frappe à notre porte. Merci de tout ce que tu fais pour nous attirer dans les bras de Dieu. Pardon pour toutes nos trahisons même inconscientes souvent, elles sont fruits de notre faiblesse et de notre tiédeur spirituelle. Seigneur, augmente notre foi!

 

Joseph Kayembe

 

Évangile Matthieu (26, 14-25)

 

Lecture Audio : Parole | Evangile Cliquez Ici

« Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit ; mais malheureux celui par qui il est livré ! »

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »

 

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 10:24

7 avril : mardi de la semaine sainte

Il y a 26 ans aujourd’hui que des militaires emmenés par le Lieutenant Thierry LOTIN étaient assassinés au RWANDA. Ces soldats de la Paix ont donné leur vie, pris dans ces nœuds de violence qui abîment notre pourtant belle humanité.

En honorant la mémoire de nos Casques Bleus, en pensant aux familles, en déposant leurs existences dans les mains de Dieu de Vie, nous pouvons sans doute ce mardi prendre ou reprendre conscience de ces nœuds de violence qui empêchent un projet de fraternité universelle d’aboutir.

Ces nœuds, nous pouvons les discerner en nous, autour de nous, dans les rouages de la société et de l’Eglise. Rendus conscients et sensibles à ces blessures, nous pouvons tourner notre regard vers le Christ en passion et nous ouvrir à la compassion. Que l’amour chaleureux et miséricordieux du Seigneur desserre ces liens qui empêchent de vivre vraiment !

 

Les offices de la semaine sainte avec Mgr Warin, évêque de Namur, sur les réseaux sociaux

Demain, les infos plus complètes seront disponibles sur notre blog. Notez déjà deux rendez-vous sur Matélé :

  • Vendredi saint à 16H00 : diffusion de l’office de la Passion depuis la cathédrale de NAMUR
  • Samedi saint à 20H00 : diffusion de la célébration de la veillée pascale depuis la collégiale de CINEY

Évangile Jean (13, 21-33.36-38)

 

Parole & Evangile Lecture Audio

 

« L’un de vous me livrera… Le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois »

 

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »

 

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 09:13

Le 06 avril 2020 Semaine Sainte : Lundi Saint(Jean 12, 1-11)

Onction de Jésus à Béthanie

La Semaine Sainte est là, nous y sommes. Semaine de grâce. Semaine pendant laquelle Dieu déverse son amour sur son Église et à travers elle sur le monde entier. Ouvrons notre cœur pour recevoir cet amour et répandre son odeur autour de nous pendant ce moment particulier que le monde traverse.

L’Évangile de Jean précise que l’événement de « l’onction  à Béthanie se produit « six jours avant la Pâque ». À quelques jours de la Passion, Jésus s'arrête chez Marthe, Marie et Lazare, une famille qui lui est très chère. En ces jours difficiles pour lui, ce lieu d'amitié est devenu son soulagement et son réconfort.

Nous avons ici l’un des rares textes de Jean qui concorde avec les trois autres évangiles. Jean est le seul à identifier la merveilleuse femme qui verse sur Jésus un parfum de grand prix. Les synoptiques ne donnent aucun nom de cette actrice : ils désignent une femme sans nom. Jean donne des précisions : il s’agit de Marie, sœur de Marthe et de Lazare, celui que Jésus avait ressuscité d’entre les morts.

Par contre, Jean ne localise pas en détail le lieu où se produit la scène : il indique uniquement la ville ou le village, Béthanie, et l’on pourrait croire que l’événement a lieu dans la maison de ces trois amis de Jésus, d’autant plus que « Marthe faisait le service ».

Marc et Matthieu situent la scène chez « Simon le lépreux », tandis que Luc, nettement plus « créatif » que Matthieu qui se contente de copier Marc, nous transporte dans la maison d’un pharisien assez ouvert pour inviter Jésus à dîner. Ce notable est pourtant choqué de voir son hôte se laisser oindre par une « pécheresse ».

Luc est le seul des évangélistes à identifier cette audacieuse « Marie » à Madeleine, la pécheresse pardonnée. Mais chacune des quatre versions de l’épisode souligne le non-conformisme de Marie. Elle brave les interdits. Elle n’a cure du qu’en dira-t-on. Elle déverse un parfum de trois cents pièces sur la tête de Jésus (selon Marc et Matthieu) ou sur ses pieds (selon Luc et Jean).

Quelle que soit la partie exacte du corps de Jésus qui bénéficie de cette coûteuse onction, la réaction des témoins de la scène est la même : une indignation vertueuse. Si on actualisait l’épisode, l’on se retrouverait effectivement parmi ceux qui seraient scandalisés, exactement comme Judas dans l’évangile de Jean : un parfum de « trois cents dollars » gaspillés d’un seul coup alors qu’il y a des sans-abri qui meurent de faim!

Judas reproche ce gaspillage : "On aurait pu vendre ce parfum 300 pièces d'argent et le donner aux pauvres".

Ces 300 pièces, c'était le prix d'une année de salaire pour un ouvrier. Marie n'hésite pas à sacrifier cette somme pour Jésus. Quant à Judas, il se contentera de 30 pièces pour le livrer. Et nous, quel prix donnons-nous à Jésus ? Ce geste de Marie était un geste d'amour. Ce parfum  anticipait l'huile dont le corps allait être enduit lors de sa sépulture.

Jésus prévient ses disciples : Des pauvres, vous en aurez toujours mais moi, vous ne m'aurez pas toujours". À travers son geste d'amour, Marie nous apprend comment nous faire proches des faibles et des malades tout au long de nos journées. Les pauvres, nous les aurons toujours parmi nous. Beaucoup habitent près  de chez nous . À travers eux, c'est le Christ que nous rencontrons.

 

 

 

Évangile (Jn 12, 1-11)

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Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus. – Acclamons la Parole de Dieu. 

 

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 08:59

Bonjour à vous, lecteurs et lectrices de ces messages !

 

Voici qu’arrive la semaine sainte avec la célébration de la Passion et de la Résurrection du Seigneur. Une semaine qui nous fait toucher du coeur cette plongée de Dieu dans notre humanité blessée et mortelle. Une plongée suivie d’une remontée, d’une résurrection pour lui et pour nous.

Voici la méditation de l’abbé Ambroise. Vous trouvez encore sur le site un outil pour l’animation des plus jeunes.

N’oubliez pas les célébrations diffusées sur KTO ( Proximus 215 – Voo 147 – Orange 98 ) et sur France 2 ( le dimanche à 10H30 ) ou encore la messe radiodiffusée sur la Première Radio dimanche à 11H00.

Les célébrations du jeudi saint, vendredi saint et la veillée pascale seront diffusées par le TV locales.

Renseignements dans les prochains jours.  Féconde semaine sainte !    J. SOLOT

 

 

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION

Matthieu 21, 1 - 11

Isaïe 50, 4 - 7

Psaume 21(22), 8 – 9, 17a -18a, 19 – 20, 22c - 24a

Lettre aux Philippiens 2, 6 - 11

Matthieu 27, 11 – 54 ou Lecture brève Matthieu 27, 14 – 27, 66

Méditation

 

L’évangile de Matthieu 21, 1 - 11 nous présente Jésus qui entre à Jérusalem perché sur un âne. Il est applaudi et ovationné par la foule : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !» Cette belle prière de louange nous l’adressons à Jésus au cours de chaque messe au moment du Sanctus.  Mais, ici, Jésus va courageusement vers sa passion, tant les rivalités sont de plus en plus manifestes.

 

En méditant cette parole, il m’est venu à l’esprit cette antienne du temps de Carême : « les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu ». Ce ‘’combat de Dieu’’ est préfiguré depuis le premier livre de la Bible, la Genèse, dans le meurtre d’Abel jusqu’aux combats contre le dragon de l’Apocalypse. Il s’agit bien sûr du combat entre le bien et le mal. Mais, tout spécialement ce combat se livre en nous, à travers notre vie faite d’ambiguïtés et des choix pervers.

  

La liturgie de ce dimanche célèbre deux aspects antinomiques du mystère de la personne de Jésus: d’un côté, le Messie fleuri et ovationné – son entrée à Jérusalem, de l’autre, un paria dont on détourne le regard – sa passion. L’image de l’entrée triomphale est évocatrice d’un roi ou d’un général vainqueur, de retour d’une bataille. Jésus est le Messie de gloire, humble et obéissant qui vient à la rencontre de ceux qui  désirent être délivrés du péché et de tout mal et qui reconnaissent en Lui leur Sauveur. Cette entrée est l’anticipation de sa victoire finale.

 

Et pourtant cette victoire passe par l’épreuve du rejet, de l’abandon, de la solitude et du reniement. En cela, il est notre modèle et notre compagnon de route ; il accompagne ceux qui veulent vaincre. Dans la nuit du jardin de la vie, il prie en toute confiance pour demander le secours de Dieu. Il nous donne l’arme de la prière : «Veillez et priez, dit-il, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». Il nous invite à prier, comme Lui, aux moments difficiles. Mais, dans une prière pleine de confiance : ‘’… que ta volonté soit faite’’. Il offre également l’arme de la douceur – non de la mollesse : résister à la vengeance et à la révolte. Comme sur le champ de bataille, son cri déchire le voile d’accès au Père. Sa résurrection scelle sa victoire ainsi que la nôtre. Par la foi, nous sommes entraînés à ne plus compter sur nos seules forces.

 

Comme le disait saint André de Crête, « courons avec lui qui se hâte vers sa passion ; imitons ceux qui allèrent au-devant de lui. Non pas pour étendre sur son chemin, comme ils l’ont fait, des rameaux d’olivier, des vêtements ou des palmes. C’est nous-mêmes qu’il faut abaisser devant lui, autant que nous le pouvons, par l’humilité du cœur et la droiture de l’esprit, afin d’accueillir  le Verbe qui vient, afin que Dieu trouve place en nous, lui que rien ne peut contenir ».

Prenons donc part, en dépit du confinement, à ce combat pour la vie en vivant, par la télévision et les autres médias, une fervente Semaine Sainte. Marchons avec Lui en méditant la Parole de Dieu !

 

                                                                                                Abbé Ambroise LONGI

 

Évangile Matthieu (26, 14 – 27, 66)

 

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La Passion de notre Seigneur Jésus Christ

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu
L. En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : D. « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » L. Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : D. « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » L. Il leur dit :
« Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » L. Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara :
« Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » L. Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : D. « Serait-ce moi, Seigneur ? » L. Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » L. Judas, celui qui le livrait, prit la parole : D. « Rabbi, serait-ce moi ? » L. Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »
L. Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit :
« Prenez, mangez : ceci est mon corps. » L. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. »
L. Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. Alors Jésus leur dit :
« Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais, une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » L. Prenant la parole, Pierre lui dit : D. « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. » L. Jésus lui répondit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » L. Pierre lui dit : D. « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » L. Et tous les disciples dirent de même.
Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit :
« Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. » L. Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec moi. » L. Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre en priant, et il disait : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. » L. Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » L. De nouveau, il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois ; il disait : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » L. Revenu près des disciples, de nouveau il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil. Les laissant, de nouveau il s’éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. Voici qu’elle est proche, l’heure où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »
L. Jésus parlait encore, lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné un signe : D. « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. » L. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : D. « Salut, Rabbi ! » L. Et il l’embrassa. Jésus lui dit :
« Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! » L. Alors ils s’approchèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent. L’un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui trancha l’oreille. Alors Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges. Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? » L. À ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis en train d’enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. » L. Mais tout cela est arrivé pour que s’accomplissent les écrits des prophètes. Alors tous les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent.
Ceux qui avaient arrêté Jésus l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens. Quant à Pierre, il le suivait à distance, jusqu’au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait. Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort. Ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés. Finalement il s’en présenta deux, qui déclarèrent : A. « Celui-là a dit : “Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.” » L. Alors le grand prêtre se leva et lui dit : A. « Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? » L. Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : A. « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu. » L. Jésus lui répond :
« C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. » L. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : A. « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ! Quel est votre avis ? » L. Ils répondirent : F. « Il mérite la mort. » L. Alors ils lui crachèrent au visage et le giflèrent ; d’autres le rouèrent de coups en disant : F. « Fais-nous le prophète, ô Christ ! Qui t’a frappé ? »
L. Cependant Pierre était assis dehors dans la cour. Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit : A. « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! » L. Mais il le nia devant tout le monde et dit : D. « Je ne sais pas de quoi tu parles. » L. Une autre servante le vit sortir en direction du portail et elle dit à ceux qui étaient là : A. « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. » L. De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment : D. « Je ne connais pas cet homme. » L. Peu après, ceux qui se tenaient là s’approchèrent et dirent à Pierre : A. « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, ta façon de parler te trahit. » L. Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : D. « Je ne connais pas cet homme. » L. Et aussitôt un coq chanta. Alors Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement.
Le matin venu, tous les grands prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mettre à mort. Après l’avoir ligoté, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur.
Alors, en voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ; il rendit les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens. Il leur dit : D. « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. » L. Ils répliquèrent : A. « Que nous importe ? Cela te regarde ! » L. Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre. Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent : A. « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. » L. Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le champ du potier pour y enterrer les étrangers. Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour le Champ-du-Sang. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Ils ramassèrent les trente pièces d’argent, le prix de celui qui fut mis à prix, le prix fixé par les fils d’Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné.
(Début de la lecture brève) L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : A. « Es-tu le roi des Juifs ? » L. Jésus déclara :
« C’est toi-même qui le dis. » L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné. Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas. Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : A. « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? » L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus. Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Le gouverneur reprit : A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » L. Ils répondirent : F. « Barabbas ! » L. Pilate leur dit : A. « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » L. Ils répondirent tous : F. « Qu’il soit crucifié ! » L. Pilate demanda : A. « Quel mal a-t‑il donc fait ? » L. Ils criaient encore plus fort : F. « Qu’il soit crucifié ! » L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : A. « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » L. Tout le peuple répondit : F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » L. Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.
Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant : F. « Salut, roi des Juifs ! » L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.
En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus. Arrivés en un lieu dit Golgotha, c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire), ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire. Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; et ils restaient là, assis, à le garder. Au-dessus de sa tête ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » Alors on crucifia avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche.
Les passants l’injuriaient en hochant la tête ; ils disaient : F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! » L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant : A. « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ! Il a mis sa confiance en Dieu. Que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime ! Car il a dit : “Je suis Fils de Dieu.” » L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.
À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte :
« Éli, Éli, lema sabactani ? », L. ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » L. L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! » L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire. Les autres disaient : F. « Attends ! Nous verrons bien si Élie vient le sauver. » L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit.
(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant.)
Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. À la vue du tremblement de terre et de ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »
L. Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin. Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette. Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Or Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre.
Le lendemain, après le jour de la Préparation, les grands prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, en disant : A. « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai.” Alors, donne l’ordre que le sépulcre soit surveillé jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : “Il est ressuscité d’entre les morts.” Cette dernière imposture serait pire que la première. » L. Pilate leur déclara : A. « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! »
L. Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du sépulcre en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

 

 

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 11:06

Évangile Jean (11, 45-57)

 

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« Afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés »

En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.
À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples. Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 13:32

Le 3 avril 2020, Vendredi de la 5e semaine de Carême (Jn 10, 31-42)

Le passage(Jr.20,10-13, notre première lecture de ce vendredi 02 avril) fait partie de ce qu’on appelle les « Confessions de Jérémie », on pourrait dire les « Confidences de Jérémie » ; là il dévoile le plus intime de lui-même : et les quelques lignes d’aujourd’hui nous résument bien ses sentiments ; sa vie est un continuel paradoxe : ce qui fait sa joie la plus profonde, sa raison de vivre, son assurance... est aussi la source de toutes ses souffrances ; c’est la Parole de Dieu.

Elle n’est pas nommée ici mais elle est sous-entendue. C’est parce qu’il proclame la Parole de Dieu « à temps et à contre-temps » qu’il est persécuté ; mais c’est cette même Parole qui lui donne la force de continuer.

On dit souvent que « Nul n’est prophète en son pays », cela s’applique parfaitement à Jérémie. Il a été un très grand prophète mais c’est seulement après sa mort qu’on s’en est aperçu. De son vivant, sa parole était trop dérangeante. Il précise lui-même très exactement la date de sa prédication : « De la treizième année du règne de Josias jusqu’à la déportation de Jérusalem », ce qui veut dire de 627 à 587 avant J.-C. Quarante années, au cours desquelles il a vu se succéder plusieurs rois à Jérusalem : mais bien peu l’ont écouté.

Que lui reprochait-on ? Simplement d’avoir le courage de dire la vérité. Et la vérité n’était pas brillante : du haut en bas de l’échelle sociale, les infidélités à l’Alliance se multipliaient dans tous les domaines. Voici un exemple de sa prédication : « Tous sont des adultères, un ramassis de traîtres (9,1)... Tous, petits et grands, sont âpres au gain ; tous, prophètes et prêtres ont une conduite fausse. » (8, 10). Bref: la corruption et l’amour de l’argent ont gangrené toute la société ; la religion n’est plus que de façade. La situation initiale de Jérémie est celle d’un juste persécuté pour avoir dit la vérité de Dieu au milieu d’un peuple rébarbatif.

Dans l’évangile d’aujourd’hui,(Jean 10,31-42) les Juifs cherchent encore des pierres pour lapider Jésus qui leur demande pour quelle bonne oeuvre qu’il a faite veulent-ils faire cela. Ils répondent que c’est parce qu’il prétend être Dieu. Ils étaient stupéfaits de l'entendre dire : "Le Père et moi, nous sommes un" (Jean 10, 30). Pour eux, c'est un blasphème ; ils se préparent à le lapider. Ils n'acceptent pas qu'il se dise l'égal de Dieu.

Jésus donne une citation de la Loi: J’ai dit: Vous êtes des dieux.  Alors, pourquoi celui qui est consacré et envoyé ne pourrait-il pas dire qu’il est le Fils de Dieu? Même s’ils refusent de croire en lui, ils devraient pouvoir croire en ses oeuvres qui montrent que le Père est en lui et qu’il est dans le Père.

Il déclare que le Père est toujours avec lui: Le Père qui m’a envoyé est avec moi; Moi et le Père nous sommes un . Le Père est en moi et moi dans le Père.

Ses oeuvres sont celles du Père. Il répète: Je ne fais rien de moi-même. C’est pour cela qu’il n’emploie pas le terme miracle mais toujours celui de signe: ses actions sont des signes de la présence de Dieu en lui. Les Juifs veulent l’arrêter mais il leur échappe et après cela s’en alla en Transjordanie où beaucoup de gens vinrent à lui et crurent.

Face à ces gens imbus de leurs certitudes, nous trouvons les petits, les pauvres, les faibles, ceux qu'il a aidés, aimés et guéris. Ils ont compris qu'un tel amour ne pouvait venir que de Dieu. Ils ne sont pas aveuglés par leur orgueil. Ils sont totalement ouverts au don de Dieu qui ne demande qu'à les combler.

Aujourd'hui encore, ils sont nombreux ceux qui refusent le message du Christ et de son Église. Mais le Seigneur ne cesse de les appeler vers "l'autre rive". Jésus est vrai homme mais il est aussi vrai Dieu. Tel est le mystère que l'Évangile nous révèle.

Nous approchons des jours saints et la Parole de Jésus nous provoque à le contempler, à nous convertir. A nouveau la Croix de Jésus se profile à l’horizon quand il dit la vérité qui le mène au désastre relationnel avec eux. Amour et vérité sont ensemble pour Jésus, il donnera sa vie pour que cette réconciliation puisse être reçue.

Nous reconnaissons en lui le Fils de Dieu qui est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il nous appartient d'être les signes de cette présence de Dieu dans le monde d'aujourd'hui.

 

Joseph Kayembe

 

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Jean (10, 31-42)

 

« Ils cherchaient à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains »

En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. » Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains.
Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui
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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 10:17

Parole et Évangile chaque jour

 

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Jean (8, 51-59)

Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour »

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 11:08

Le mercredi 1 avril 2020, Cinquième semaine de Carême.( Jean 8, 31-42)

Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »"

Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché.

L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. La parole prononcée par Jésus est efficace. Entendue, elle produit en nous un effet de conversion.

Suivre Jésus, c’est affronter avec lui la situation de violence qui se vit aujourd’hui encore au sein de notre peuple. Nous ne pouvons pas invoquer la descendance d’Abraham pour nous justifier de nos ténèbres. C’est dans l’épreuve que nous démasquons les ambiguïtés et les ambivalences de ce monde. Si certains suivent Jésus, d’autres le haïssent. Les adversaires de Jésus s’acharnent contre ceux qui entourent Jésus. Nous  ‘détectons’  les ennemis de Jésus à leur haine.

Au contact de Jésus, une liberté profonde est retrouvée pour ceux qui sont guéris par lui. En lui, nous trouvons la vérité sur Dieu et sur l’homme. Il nous aide à surmonter nos égoïsmes, à sortir de nos ambitions et à vaincre ce qui nous opprime. Ce n’est qu’en renonçant à la haine et à notre cœur dur et aveugle que nous serons libres, qu’une vie nouvelle germera en nous.

Nous sommes concernés aujourd’hui encore. Jésus révèle aux Juifs le mystère de la vérité qu’ils ne connaissent pas ! La vérité de l’amour infini de Dieu doit prendre tout notre être. Les véritables amis de Jésus l’accompagnent dans le grand combat qu’il mène jusqu’à la croix.

Quand nous nous regardons à la lumière de l'Évangile, nous nous reconnaissons faibles, pauvres et limités. Mais le Seigneur est là pour combler cette pauvreté et nous libérer du mal. Ce n'est pas pour rien qu'il a dit un jour : "Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux.

Marchons à la lumière du Christ, qui peut dissiper les ténèbres de l’erreur. Supplions-le pour que  nous arrivions à donner à Dieu une réponse libre, généreuse et cohérente, sans craintes ni rancœurs. »

Évangile Jean (8, 31-42)

 

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« Si le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres »

En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père. » Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. » Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. »

 

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