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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 10:36

DIMANCHE DE PENTECÔTE

Méditation

Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 1‐11)

« Tous furent remplis d’Esprit Saint
et se mirent à parler en d’autres langues »

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Voilà ainsi raconté l’évènement de la Pentecôte. Mais que signifie-t-il pour nous ? Si Pentecôte est vraiment l’aboutissement de la fête de Pâques, elle n’en constitue pas une finalité en elle. Aussitôt après l’ascension du Seigneur, les disciples  montent dans la chambre haute, le cénacle, assidus à la prière pour attendre l’accomplissement de la promesse que Jésus leur avait faite, celle d’attendre la force d’en haut qui ferait d’eux des témoins. En cela, la fête de la Pentecôte est un nouveau départ. L’Église, qui se manifeste, en ce jour, sort de la clandestinité et de la peur ; elle peut désormais commencer sa mission. Cet accomplissent se fait dans le sillage de l’Ancien Testament. Il est préfiguré par trois signes.

D’abord le don de la Loi. C’est dans le contexte de la fête juive qui commémore le don de la Loi sur le Sinaï que les disciples saisissent une nouvelle signification : au lieu de la loi gravée sur les pierres, le don de l’Esprit Saint vient réaliser une promesse, à savoir la loi inscrite dans les cœurs. Le grand coup de vent, le feu, le bruit, tout évoque le récit au cours duquel Dieu fait alliance avec les israélites et leur donne les Dix Paroles. La douceur du grand bruit, des langues de feu qui se posent sur chaque tête, les gens qui ne vont plus sur la montage, tout cela montre, en revanche ici, qu’il y a un sens nouveau. Un feu qui brûle sans consumer. Le feu du buisson ardent qui purifie. En cherchant Dieu de tout son cœur chacun peut désormais ressentir sa présence, entrer en communication avec lui dans son cœur. C’est le sens du culte nouveau, celui des vrais adorateurs qui adorent en esprit et en vérité. Alors, ouvre ton cœur pour écouter Dieu qui te parle dans la conscience.

Ensuite, il y a ces langues qui se délient et qui prophétisent. Ça y est, la prophétie du prophète Joël s’accomplit : faire de tout un peuple des prophètes : des vieillards qui prophétisent, des jeunes filles qui ont des visions. C’est l’apothéose de la grâce de Dieu. Elle vient nous faire sortir des sentiers battus des habitudes, des certitudes vicieuses qui nous détournent de la lumière de Dieu. Les volontés de Dieu deviennent accessibles à tous. Nous aussi, osons demander ces dons de l’Esprit… Alors nous pouvons sentir toute l’émotion qui accompagne cette parole du Prophète :  « Ah, si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple, un peuple de prophètes»  

Enfin, l’unité rétablie entre les langues. Les associés de la tour de Babel n’ont pu continuer leur projet de bâtir un gratte-ciel parce que la confusion des langues a empêché toute communication, la diversité des langues était devenue un handicap. À la Pentecôte, la diversité initiale ne gène plus l’intercommunication. L’énumération très large de tous les peuples présents à Jérusalem préfigure le rassemblement final en Jésus. Mais déjà, tous, et chacun dans sa langue entend les merveilles de Dieu. L’universalité du salut de Dieu adressé à tous les hommes est anticipée. Telle est toute la beauté de cette fête : la diversité des dons de l’Esprit, des langues, des cultures est appelée, conviée à servir l’unité du corps du Christ. Ainsi, découvre-t-on que Dieu est Amour, le Fils est Don total et l’Esprit est Liberté. Chacun a sa place dans le monde et dans l’Église.

Pour fêter la Pentecôte avec fruit, nous sommes conviés à avancer au large et adopter un regard de profondeur. Ce dernier consiste précisément à ne pas voir les choses et les personnes selon les apparences extérieures nous inclinant à juger, déprécier et à exclure trop vite, et parfois, à la légère…

« Esprit de lumière et d’amour, sois pour nous l’Amour du Père dans le Fils »

 

 

 



 

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Published by JS