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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 13:32

Le 3 avril 2020, Vendredi de la 5e semaine de Carême (Jn 10, 31-42)

Le passage(Jr.20,10-13, notre première lecture de ce vendredi 02 avril) fait partie de ce qu’on appelle les « Confessions de Jérémie », on pourrait dire les « Confidences de Jérémie » ; là il dévoile le plus intime de lui-même : et les quelques lignes d’aujourd’hui nous résument bien ses sentiments ; sa vie est un continuel paradoxe : ce qui fait sa joie la plus profonde, sa raison de vivre, son assurance... est aussi la source de toutes ses souffrances ; c’est la Parole de Dieu.

Elle n’est pas nommée ici mais elle est sous-entendue. C’est parce qu’il proclame la Parole de Dieu « à temps et à contre-temps » qu’il est persécuté ; mais c’est cette même Parole qui lui donne la force de continuer.

On dit souvent que « Nul n’est prophète en son pays », cela s’applique parfaitement à Jérémie. Il a été un très grand prophète mais c’est seulement après sa mort qu’on s’en est aperçu. De son vivant, sa parole était trop dérangeante. Il précise lui-même très exactement la date de sa prédication : « De la treizième année du règne de Josias jusqu’à la déportation de Jérusalem », ce qui veut dire de 627 à 587 avant J.-C. Quarante années, au cours desquelles il a vu se succéder plusieurs rois à Jérusalem : mais bien peu l’ont écouté.

Que lui reprochait-on ? Simplement d’avoir le courage de dire la vérité. Et la vérité n’était pas brillante : du haut en bas de l’échelle sociale, les infidélités à l’Alliance se multipliaient dans tous les domaines. Voici un exemple de sa prédication : « Tous sont des adultères, un ramassis de traîtres (9,1)... Tous, petits et grands, sont âpres au gain ; tous, prophètes et prêtres ont une conduite fausse. » (8, 10). Bref: la corruption et l’amour de l’argent ont gangrené toute la société ; la religion n’est plus que de façade. La situation initiale de Jérémie est celle d’un juste persécuté pour avoir dit la vérité de Dieu au milieu d’un peuple rébarbatif.

Dans l’évangile d’aujourd’hui,(Jean 10,31-42) les Juifs cherchent encore des pierres pour lapider Jésus qui leur demande pour quelle bonne oeuvre qu’il a faite veulent-ils faire cela. Ils répondent que c’est parce qu’il prétend être Dieu. Ils étaient stupéfaits de l'entendre dire : "Le Père et moi, nous sommes un" (Jean 10, 30). Pour eux, c'est un blasphème ; ils se préparent à le lapider. Ils n'acceptent pas qu'il se dise l'égal de Dieu.

Jésus donne une citation de la Loi: J’ai dit: Vous êtes des dieux.  Alors, pourquoi celui qui est consacré et envoyé ne pourrait-il pas dire qu’il est le Fils de Dieu? Même s’ils refusent de croire en lui, ils devraient pouvoir croire en ses oeuvres qui montrent que le Père est en lui et qu’il est dans le Père.

Il déclare que le Père est toujours avec lui: Le Père qui m’a envoyé est avec moi; Moi et le Père nous sommes un . Le Père est en moi et moi dans le Père.

Ses oeuvres sont celles du Père. Il répète: Je ne fais rien de moi-même. C’est pour cela qu’il n’emploie pas le terme miracle mais toujours celui de signe: ses actions sont des signes de la présence de Dieu en lui. Les Juifs veulent l’arrêter mais il leur échappe et après cela s’en alla en Transjordanie où beaucoup de gens vinrent à lui et crurent.

Face à ces gens imbus de leurs certitudes, nous trouvons les petits, les pauvres, les faibles, ceux qu'il a aidés, aimés et guéris. Ils ont compris qu'un tel amour ne pouvait venir que de Dieu. Ils ne sont pas aveuglés par leur orgueil. Ils sont totalement ouverts au don de Dieu qui ne demande qu'à les combler.

Aujourd'hui encore, ils sont nombreux ceux qui refusent le message du Christ et de son Église. Mais le Seigneur ne cesse de les appeler vers "l'autre rive". Jésus est vrai homme mais il est aussi vrai Dieu. Tel est le mystère que l'Évangile nous révèle.

Nous approchons des jours saints et la Parole de Jésus nous provoque à le contempler, à nous convertir. A nouveau la Croix de Jésus se profile à l’horizon quand il dit la vérité qui le mène au désastre relationnel avec eux. Amour et vérité sont ensemble pour Jésus, il donnera sa vie pour que cette réconciliation puisse être reçue.

Nous reconnaissons en lui le Fils de Dieu qui est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il nous appartient d'être les signes de cette présence de Dieu dans le monde d'aujourd'hui.

 

Joseph Kayembe

 

Parole et Evangile : Lecture Audio Cliquez ici

 

Jean (10, 31-42)

 

« Ils cherchaient à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains »

En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. » Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains.
Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui
.

 

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