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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 10:28

Méditation – Mardi de l'Octave de Pâques

 

Profitant de ce temps de confinement pour pratiquer un peu de sport, j'arpente quotidiennement les chemins namurois longeant la Sambre en marchant ou en courant, selon l'humeur. L'esprit voltige souvent dans les airs, la prière jalonne les (kilo)mètres parcourus et… le témoignage à rendre à la Résurrection m'interpelle… N'est-elle pas en effet le cœur de notre foi ? Ne devrait-elle donc pas occuper tous nos projets pastoraux : comment témoigner toujours davantage de la Résurrection ? C'est alors l'image de la course (que je parcoure) qui me saute aux yeux. Le témoignage qu'ont rendu les premiers Apôtres ne pourrait-il pas être comparé à une "course-relais" ?

 

Après m'être quelque peu informé sur la question, je me rends compte que ce n'est pas une mince affaire… En réalité, il faut savoir que ce ne sont pas toujours les athlètes les plus rapides qui remportent les courses de relais. Comment l'expliquer ? Quel est l'instant décisif en relais ? C'est la transmission du témoin. Le "témoin" - appelé également "bâton de relais" - est cette pièce de bois, de PVC ou d'aluminium que le coureur précédent transmet à celui qui va poursuivre la course. Ainsi, les expressions telles que "passer le témoin" ou "passer le relais" veulent signifier cela : il s'agit de confier à quelqu'un d'autre la poursuite d'une action déjà commencée, il s'agit de témoi(n)-gner !

 

Et là s'éclaire pour moi ce qu'a été le témoignage des premiers Apôtres. Il s'agissait de passer le témoin de la Bonne Nouvelle qui les habitait au plus profond d'eux : le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, est ressuscité ; Il est vivant pour toujours ; Il a détruit la mort ; Il nous appelle à la Vie, "par Lui, avec Lui et en Lui". Aujourd'hui, l'évangile nous présente la figure de Marie-Madeleine, enfermée dans sa douleur. Les prochains jours nous montreront d'autres personnes à qui le Ressuscité apparaîtra : les disciples d'Emmaüs sur le chemin de leur désillusion, les Onze apôtres réunis au Cénacle, d'autres disciples sur le bord de la mer de Tibériade.

 

Aujourd'hui, Marie-Madeleine "a vu le Seigneur". Quel devait être son étonnement, elle qui se tenait en pleurs au-dehors du tombeau ! Cependant, poussée de l'intérieur, elle se penche vers le tombeau et découvre qu'il n'est pas vide. A la place du corps, elle voit deux anges qui lui adressent la parole : "Femme, pourquoi pleures-tu ?". A travers cette demande perce déjà la Bonne Nouvelle : "Marie, tu n'as plus de raison de pleurer : cherche et tu trouveras ; mais ne cherche pas parmi les morts celui qui est vivant ! Il n'y a plus ici de cadavre. Regarde plus attentivement, ou plutôt : change ton regard ! Témoigne !".

 

Le témoignage des deux messagers est alors cristallisé par l'apparition du Seigneur Jésus lui-même qui lui pose exactement la même question que les deux anges : "Femme, pourquoi pleures-tu ?". Mais le Christ d'ajouter : "Qui cherches-tu ?". Marie-Madeleine ne reconnait pas encore le Ressuscité : elle le prend pour le jardinier, elle est absorbée par son chagrin, elle n'y voit plus clair.

 

"Marie !". En la nommant ainsi, Jésus l'appelle à la foi, à entrer dans un regard et une écoute de foi. Il lui passe définitivement le témoin de la foi, il l'invite et la presse au témoignage, il la pousse à aller de l'avant en ne se laissant pas submerger par l'émotion.

 

Après que Jésus l'ait appelée par son nom, Marie "se tourne" à nouveau nous dit l'évangéliste. Si l'on se souvient qu'elle s'était d'abord détournée du tombeau pour aborder le soi-disant gardien, ce second demi-tour la ramène donc face à la tombe ! Retour à la case départ ? Non, car ses yeux peuvent maintenant s'ouvrir à la présence du Vivant glorieux et recevoir de Lui le témoin, le bâton de relais.

 

Elle a reçu entre ses mains le témoin de la Bonne Nouvelle. Elle est invitée à en être le relais. A présent, elle s'empresse, en toute hâte, de l'offrir à d'autres. Le témoignage est devenu sien, elle veut et peut maintenant le partager, tel un cadeau précieux à déballer. A nous aussi, il nous est offert ce témoignage, et il nous est demandé de "passer le témoin" à notre tour, de toucher des personnes afin qu'elles puissent s'éveiller à l'Evangile, afin qu'elles puissent ressusciter avec le Christ qui se donne à nous à chaque instant. Non, le Seigneur Ressuscité n'est pas confiné, Lui ! Accueillons la nouveauté de sa présence qui vient habiter nos tombeaux d'aujourd'hui, et soyons-en les humbles témoins, "pour la gloire de Dieu et le salut du monde".

 

Belle et sainte fête de Pâques à chacun(e), dans la joie du Christ Ressuscité !

Q.C.

 

Jean (20, 11-18)

 

Parole et Evangile Lecture Audio

 

 

« “J’ai vu le Seigneur !”, et elle raconta ce qu’il lui avait dit »

En ce temps-là, Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

 

 

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