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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 08:55

« Seigneur, celui que tu aimes est malade », c’est le message que Marthe et Marie, sœurs de Lazare, envoient à Jésus pour l’en informer et d’attendre son secours. Et voici la réponse de Jésus à propos de la maladie de Lazare, l’une des rares personnes à  propos desquelles l’évangile dit que Jésus l’aimait : « cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de l’homme soit glorifié ». Comment la souffrance humaine peut-elle être un moyen de rendre gloire à Jésus ? On sait que l’un des arguments évoqués et qui passe pour l’une des causes de l’athéisme du siècle dernier aura été l’absurdité de la souffrance. Si Dieu est bon, comment peut-il laisser mourir un être cher ? S’il existe, comment peut-il être indifférent à nos prières et à nos appels ?  C’est, en somme, concilier son amour de Père avec l’apparent abandon de l’humanité. En tout cas, durant le siècle dernier, par la voix de Nietzsche, Dieu a été déclaré mort. Ainsi croyait-on résoudre l’énigme...

Aujourd’hui encore, face à cette pandémie mondiale d’une ampleur jamais atteinte, certaines voix se lèvent pour parler d’une punition du ciel. À l’image du récit du déluge raconté dans le livre de la Genèse, on assisterait à un Dieu vengeur qui veut en découdre avec les méchants. Ainsi, s’il existe, il ne peut avoir qu’une image terrible et dégoûtante, celle d’un Dieu vengeur, impitoyable, en tout cas, inconciliable avec celle d’un Dieu Père. Dans ce cas, il n’y aurait pas de raison de s’attacher à un tel monarque sans cœur.

L’évangile de ce 5è dimanche de carême, comme d’ailleurs Jésus, n’explique pas la souffrance humaine. Jésus vient l’habiter : comme nous, il est remué au plus profond de lui-même et il pleure son ami Lazare. Mais en même temps, par le miracle qu’il opère en ressuscitant Lazare pourtant dans la tombe depuis plus de trois jours, il nous montre que ni la souffrance ni la mort n’ont le dernier mot. « Moi, je suis la résurrection et la vie, dit-il. Celui qui croit en moi ne mourra jamais ». Nous savons pourtant que Lazare est encore mort pour la deuxième fois et la longue liste des personnes tuées par le covid 19 est loin de démentir la triste réalité de la mort qui continue son bonhomme de chemin parmi nous.

En réalité, après la lecture consécutive des pages d’évangiles sur la transfiguration du Seigneur sur la montagne, la réhabilitation de la samaritaine, la guérison de l’aveugle-né, la ‘’résurrection’’ de Lazare est une révélation  par laquelle Jésus annonce sa propre résurrection. Comme le dit la lettre aux Hébreux 2, 14, Jésus vient libérer tous ceux qui, par crainte de la mort, passent leur vie en situation d’esclaves. Et comment ?   – En nous   donnant  l’Esprit de vie. C’est la même parole prophétique qui est prononcée par Ézéchiel : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple ».

Ce dimanche nous appelle donc à l’espérance. La méditation sur la fragilité à laquelle cette pandémie nous convie est aussi un appel à nous interroger : sur qui fondons-nous notre espoir ? Mais plus profondément, cet évangile nous offre des mots d’espérance pour tenir dans ce confinement et pour renaître dans notre foi. Invoquons donc avec foi  l’Esprit de Jésus pour qu’il réalise cette œuvre de restauration de notre être profond, qu’il soulage et guérisse les malades, qu’il donne force et sagesse aux membres du corps médical qui sont sur la première ligne du front contre le covid 19.

 

                                                                                                     Abbé Ambroise LONGI

 

Jean (11, 1-45)

Lecture Audio : Cliquez ici

 

« Je suis la résurrection et la vie »

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t‑il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

 

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